Site de l'université de Franche-Comté
LASA

Thèses soutenues au laboratoire

2013

  • Anne Tatu-Colaseau

"Les assignations de genre à l’épreuve des transmissions en situation de migration : place et rôle du loisir sportif dans les processus d’individualisation / émancipation des descendantes de l’immigration maghrébine en quartier populaire"

Thèse soutenue publiquement le 10 décembre 2013 sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot et Gilles Vieille-Marchiset. Jury : Stéphane Beaud, Catherine Delcroix, Marie-Carmen Garcia

  • Aurélien CINTRACT

" Approche sociologique et anthropologique de la mortalité différentielle en France "

Thèse soutenue publiquement le 24 janvier 2013 sous la direction de Jean-Michel Bessette. Jury : Bruno Péquignot,
Christine Detrez, Dominique Jacques-Jouvenot.

Résumé: L’essentiel du travail consiste à problématiser la mort en mobilisant divers cantons du savoir sociologique et anthropologique, mais aussi démographique et historique. La mort, phénomène biologique ou, pourrait-on dire, fait de nature, est aussi un fait de culture devant lequel les hommes ne sont pas égaux. Nous verrons dans quelles mesures la probabilité de vivre plus ou moins longtemps varie selon les individus et les groupes sociaux et comment ces écarts de longévité observables statistiquement sont le produit des influences conjuguées exercée par diverses variables telles le sexe, la profession, le niveau d’instruction, l’état civil, l’habitat, etc.


Dans un premier temps, nous avons considéré l’évolution des espérances de vie sur la longue durée. Au regard de l’histoire, et plus particulièrement pour les pays « développés », la durée de vie s’est considérablement allongée : d’environ 25 ans pour les âges préhistoriques jusqu’ à 80 ans environ aujourd’hui  (deux sexes confondus) pour un pays comme la France. Les causes de mortalité ont aussi évolué avec le temps. Pour nos sociétés, nous sommes passés, grosso modo, de l’âge des épidémies, des grandes famines et des guerres pour une large période couvrant le moyen âge, à l’âge des maladies cardio-vasculaires et des tumeurs, pathologies néfastes des temps modernes. Toutefois, nous insisterons bien sur l’idée qu’une histoire de l’espérance de vie et de ses progrès au fil des siècles ne se résume pas à une histoire de la médecine. Un des résultats de nos travaux  nous montre que la santé n’est pas que l’affaire de la thérapeutique (importance des facteurs socioculturels...).

 

Malgré ces avancées, la mort ne frappe pas tout le monde de la même façon.

 

Si notre recherche porte essentiellement sur la France d’aujourd’hui, nous ne négligerons  cependant pas l’étude de certains aspects de mortalité différentielle dans le passé, en insistant sur les écarts selon le milieu social. Toutefois, la majeure partie du travail est consacrée à l’inégalité devant la mort en France. Nous tenterons alors d’interpréter sociologiquement et anthropologiquement les différentiels de longévité entre individus en considérant des variables telles que le sexe, la catégorie sociale, l’état matrimonial, l’habitat, etc. Nous verrons alors dans quelles mesures le travail (et les conditions dans lesquelles il s’exerce), la précarité, l’inactivité, le chômage, le niveau de formation (obésité/niveau d’instruction, par ex.), les modes de vie, l’habitat, l’environnement, ou encore la situation familiale (vie sociale) exercent des effets propres sur la longévité. Les catégories sociales défavorisées, fragilisées par leurs conditions d’existence et pouvant difficilement se soustraire à nombre de facteurs de risques, sont donc davantage soumises à tout un ensemble de causes qui peuvent, à plus ou moins brève échéance, conduire à la pathologie. On peut donc parler, dans cette perspective, d’une inégalité sociale face à la morbidité, c'est-à-dire d’une inégalité face à l’ensemble des facteurs débouchant potentiellement sur la maladie. Le travail est plus nocif, plus risqué pour les salariés exécutants ; le chômage et l’inactivité, à l’origine de divers maux, reste une affaire de travailleurs pauvres et sous-qualifiés ; l’obésité - et toutes les complications qui en découlent – est une maladie sociale par excellence, symptomatique des classes populaires (v. aussi tabac…) ; l’insalubrité, l’inconfort et l’étroitesse des logements ont également des répercussions sur l’état de santé des plus démunis, sans compter les risques liés au manque d’intégration/régulation, à la perte de ressources sociales, de capital social mais aussi symbolique qui concerne aussi, pour bonne part, ces catégories de population. On remarquera  également que les individus appartenant aux classes défavorisées, donc ceux qui auraient le plus besoin de recourir aux soins, sont aussi ceux dont la propension à se soigner est la plus faible, pour des raisons à la fois économiques, géographiques et socioculturelles.

 

Enfin, nous verrons en quoi la mort inégale est le résultat des inégalités devant la vie et nous montrerons qu’à travers l’étude des chiffres de la mortalité c’est aussi l’étude du vivant qui apparaît sous un jour nouveau. En définitive, les statistiques de la mortalité différentielle, constituent un outil efficace (« puissant » indicateur) d’objectivation des inégalités et des écarts entre classes sociales. Dans une perspective anthropologique, nous essayerons de voir dans quelles mesures la surmortalité des classes dominées peut aussi être lue comme un produit de la domination.

 

 

 

2012


"Le miracle et l'enquête. Analyse sociologique de l'expertise médicale des guérisons déclarées « miraculeuses » à Lourdes"

 

Thèse soutenue publiquement le 4 octobre 2012 sous la direction de Jean-Michel Bessette; Jury: Michel Hastings, Jean-François Laé, Bruno Péquignot, Louis Quéré.

 

Résumé: Afin de ne pas prêter le flanc aux railleries et aux critiques, l'Église fait preuve d'une grande prudence à l'égard des déclarations de « guérison miraculeuse ». C'est dans cette perspective qu'elle s'attache à départager l'"authentique" et l'"inauthentique" parmi les manifestations de la vie religieuse et qu'elle considère que « les faux miracles doivent être discernés des vrais ». Ces distinctions ne vont pas de soi. Elles nécessitent des procédures d'enquêtes dont le fonctionnement reste largement inexploré par les sciences humaines. Si, depuis le XIe siècle, le magistère catholique exerce un droit de regard, allant s'élargissant, sur les miracles déclarés par les fidèles, c'est sans doute à la suite des événements de Lourdes (« apparitions » et « guérisons » à partir de 1858) que cette volonté de contrôle s'exprime sous une forme nouvelle. À une époque qui exalte les vertus de la rationalité scientifique, au moment précis où la médecine parisienne atteint le sommet de sa notoriété pour ses travaux sur l'hystérie, redoutant les controverses provoquées par « l'épidémie de guérison » qui suit les visions de Bernadette Soubirous, de nombreux membres de la hiérarchie catholique française souhaitent donner des formes plus respectables à ce que l'on peut considérer comme une « explosion de dévotion populaire » non orthodoxe et difficilement contrôlable. C'est dans le cadre de cette stratégie d'encadrement des événements que s'inscrit, en 1883, au sein même du sanctuaire de Lourdes, la création d'une instance médicale chargée de contrôler les revendications de guérisons miraculeuses. Considéré comme une véritable « police des miracles », le rôle du Bureau Médical consiste à « démasquer les supercheries grossières et à modérer les excès compromettants d'un zèle trop exalté ». En s'attachant à analyser cette procédure de contrôle, spécifique au sanctuaire de Lourdes, cette thèse voudrait permettre de mieux comprendre la manière dont sont produits les miracles à Lourdes. En effet, si les précautions prises par l'Église rappellent que le miracle doit être "reconnu" et "proclamé", il convient de rajouter qu'il n'est pas non plus déjà présent dans le monde, telle une substance attendant d'être discernée dans l'inextricable mélanges des choses. Notre travail souhaite montrer qu'il est, au contraire, produit collectivement par un ensemble d'acteurs (témoins, médecins, ecclésiastiques…) engagés dans une activité concertée d'enquête complexe au résultat incertain. Afin de décrire ce travail nécessaire à la proclamation d'un "miracle" à Lourdes, l'analyse des « dossiers de miraculés » officiellement reconnus s'avère heuristiquement féconde. Matérialisant toutes les étapes d'une procédure de reconnaissance, rassemblant toutes les pièces nécessaires afin d'instruire le jugement des médecins et des prêtres (courriers, témoignages, expertises médicales, rapports ecclésiastiques…), les dossiers des miraculés permettent, en quelque sorte, d'accéder à la porte dérobée du miracle en train de se faire. Ils donnent à voir l'ensemble des éléments que les différents acteurs mettent en avant pour justifier leurs décisions, ainsi que la manière dont un consensus s'opère ou non à leur propos. Ils rendent manifeste ce processus, généralement occulté, par lequel les déclarations et les actions des acteurs, d'abord fragiles et inconsistantes, deviennent des objets robustes aux arrêtes bien dessinées.

 

     
      
  • Hélène CLEAU

"Savoirs et soin. L'interaction patient-médecin dans le cadre du traitement du cancer de la prostate".

 

Thèse soutenue le 17 février 2012, sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: Les traitements du cancer de la prostate permettent d’analyser les savoirs tels qu’ils sont élaborés actuellement en cancérologie. Les propositions de traitement découlent des savoirs scientifiques. La participation du patient au choix du soin s’en trouve questionnée. Le patient est une figure socialement construite et médicalement produite qui n’a de sens qu’au regard du rôle professionnel du médecin. La relation entre ces deux acteurs s’inscrit dans une structure de soin. Cette situation sociale est instituée autour de la nécessité du soin, entendue comme réponse à la souffrance de l’autre. Notre analyse montre les tensions qui traversent le groupe professionnel des médecins sur la question des recommandations thérapeutiques. Les questions de légitimité et d’expertise permettent de mettre à jour la concurrence entre les urologues et les oncologues-radiothérapeutes. Cette concurrence se joue à travers les traitements proposés. Les savoirs mobilisés pour justifier de la légitimité ne sont pas les mêmes et ne sont pas uniquement scientifiques. Ils s’organisent selon une priorité accordée à la sur-vie. En outre, ces savoirs médicaux retentissent de façon différente chez les patients, eux aussi détenteurs d’un savoir sur le soin. En somme, les savoirs sur le soin apparaissent comme une recherche de sens, une mise en cohérence de la pathologie, inhérente à des mondes sociaux différents, mais qui se nourrissent les uns des autres.

 

2011

 

"Le sport à la campagne. Les connectivités sportives associatives dans la recomposition de la société rurale en Franche-Comté"

 

Thèse soutenue le 17 octobre 2011, sous la direction de Gilles Vieille-Marchiset

 

 

"La transmission des compétences professionnelles des aides-soignantes et des préposés aux bénéficiaires dans les organisations gériatriques en France et au Québec. Comparaison internationale sur le rôle central de l’intégration à l’organisation comme processus d’habilitation des nouvelles recrues par le groupe de pairs, Doctorat en sociologie de l’Université de Franche-Comté et doctorat en gérontologie de l’Université de Sherbrooke (Canada)"

 

Thèse soutenue le 6 juin 2011, sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot et Yves Couturier

 

  •  Emmanuelle COURNARIE

Thèse soutenue le 6 janvier 2011, sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

 

2010

  •  Alpha OUMAR BALDE

"Analyse sociologique des mécanismes locaux de participation communautaire au développement en République de Guinée : le cas du Fouta-Djallon"

 

Thèse soutenue le 11 mars 2010, sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: L'objectif de ce travail est de chercher à comprendre et à expliquer les mécanismes locaux de participation communautaire au développement en République de Guinée. Pour cerner cette problématique, nous nous sommes posés la question suivante : Comment devient-on acteur et bénéficiaire de développement ? Le Fouta-Djallon (nord de la Guinée) nous a servi de cadre d'application pour cette étude. La monographie de la participation effectuée dans cette région, à travers une recherche empirique (entretiens semi-dirigés, récits de vie et observation), a permis d'identifier deux types d'acteurs de développement local : ceux qui participent à la gestion politique locale et ceux qui participent à la production économique locale. Organisés en associations (associations des jeunes, des femmes, des ressortissants, etc.) ou en groupements et/ou coopératives ou encore en fédération des paysans, les populations s'impliquent activement dans la promotion et l'accompagnement des programmes locaux de développement. Nous avons constaté ce dynamisme notamment chez les émigrés (hommes et femmes) de retour dans leurs villages d'origine. Ces derniers, ayant acquis une expérience au cours de leur séjour à l'extérieur, sont animés d'un esprit d'ouverture et de progrès. On les appelle ainsi les "leaders" paysans. Ils sont les "pionniers" des innovations et du changement dans leurs localités. Nous avons constaté par ailleurs une réelle évolution des processus participatifs chez les sédentaires jeunes et femmes. Cependant, si les anciens émigrés et les sédentaires jeunes et femmes sont fortement investis dans la production et les échanges économiques, ils sont particulièrement exclus de la gestion politique. En effet, il ressort de notre étude que la gestion du pouvoir politique local en Guinée obéit au principe de la "gérontocratie" (le pouvoir des anciens ou des sages). Cette gestion politique repose également sur une reproduction familiale : les responsables locaux, souvent désignés par les représentants des organisations coutumières, sont dans la plupart des cas issus des anciennes familles dirigeantes de l'époque pré et post coloniale. La tradition aidant, les populations obéissent alors à l ordre social établi

2009


  • Rajaa CHAHBI

" Les limites du maintien à domicile des personnes âgées : entre solidarité sociale et solidarité intergénérationnelle "

 

 Thèse soutenue le 17 décembre 2009 sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

2008

 

"L’erreur judiciaire : une voie d’approche pour l’étude socio-anthropologique de la production de la vérité"

 

Thèse soutenue le 3 novembre 2008 sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: Crimes et délits sont inhérents au droit. Dans le fonctionnement de la justice, il n’y a ni crime ni délit en dehors de la loi. A partir du moment où l’on définit des limites, leur transgression constitue une infraction. Autrement dit, pour parvenir à une criminalité zéro, il faudrait avoir une tolérance absolue. Ainsi, l’édiction de règles juridiques formelles et leur mise en oeuvre entraîne, de fait, la potentialité d’erreurs dans les jugements. « Errare humanum est » est un vieil adage qui de tout temps trouve sa justification lorsqu’un jugement s’avère « injuste ». Mais la reconnaissance des erreurs judiciaires est difficile à admettre pour l’institution. Le droit évolue avec la société, les recours également dans la forme comme dans le fond selon les époques et les acteurs impliqués. La justice de Dieu ou du peuple reste souveraine. Force est de constater que quelle que soit l’époque où le lieu, l’erreur est symboliquement coûteuse pour les pouvoirs en place. Ainsi, la reconnaissance de l’erreur judiciaire est un des modes essentiels de régulation de la conscience sociale et une forme active de pédagogie collective.

 

Cette recherche est une étude sociologique de l’erreur judiciaire. Cette approche constitue une puissante modalité d’analyse d’une institution : la Justice. Analyser un tel phénomène ne se résume pas à étudier les « simples » drames qui nourrissent exceptionnellement nos journaux. Dans la perspective adoptée dans ce travail, l’erreur judiciaire, dérapage criant de l’appareil de Justice, sert d’analyseur du fonctionnement « normal » du monde judiciaire. Elle permet de pénétrer au cœur du système, de mettre à jour ses différents rouages et leurs interactions, d’observer les éléments qui la constituent et à travers lesquels elle agit : son mécanisme. De fait, observer le « dysfonctionnement » d’une institution révèle en négatif ses modes habituels de fonctionnement. Dans le cadre de cette approche nous nous appuyons sur l’étude approfondie de deux cas d’erreur judiciaire avérés : Roland AGRET et Patrick DILS (à travers leur témoignage, leur dossier judiciaire et les productions médiatiques issues des affaires). L’étude des cas AGRET et DILS débouche sur deux types bien définis de victime d’erreur judiciaire. En définitive, victimes émissaires, ils adoptent des masques successifs singuliers, malgré un parcours judiciaire similaire. Ainsi, le cas AGRET se révèle être une actualisation charismatique, alors que le cas DILS s’apparente à un « agneau » sacrifié.

 

Ces deux cas suivent un parcours judiciaire dont voici les grandes étapes :

ACTE I : Le modelage du masque de coupable. Il s’agit de la fabrication d'un statut judiciaire. Cette section appréhende, dans un premier temps, les éléments déclencheurs de la machine judiciaire -le crime- ; puis dans un second temps, la récolte des matériaux qui servent à édifier le masque de coupable. Ce chapitre vise à porter au jour, les rouages du dispositif d'enquête, mais également les processus de gestion de crise, quand un acte demeure inexpliqué. Il faut en effet donner un sens au crime. Le crime et le criminel viennent s’insérer dans la trame de la réalité sociale. Mettre en intrigue signifiante le crime pour apaiser l'homme de la rue.

ACTE II : Le sacre du masque à travers la mise en scène du procès. Dans cette section, on voit comment une certaine réalité des évènements est légitimée et comment un statut judiciaire peut être construit. Une vérité de l'affaire est institutionnellement validée. Un responsable/bouc émissaire est désigné. Son profil entrera alors dans un cercle signifiant : celui du criminel. C'est la régulation classique d'un phénomène déviant qui permet aux liens sociaux de se renforcer à travers la condamnation d'un individu.

ACTE III : Premières fissures avant le bris du masque. Cette section aborde les éléments mis en oeuvre fragilisant la réalité jusqu'alors établie. Pendant la période d'expiation, une nouvelle version de la réalité commence à se faire jour et à être véhiculée. Le statut légal du criminel vient à être contesté. Il s’agit d’un des aspects spécifiques de l’erreur judiciaire.

ACTE IV : La pose d'un nouveau masque. Cette dernière phase voit la mise en place et la cristallisation définitive d'un nouveau statut judiciaire. Quand la machine est relancée mais qu’elle bifurque dans son parcours et emprunte une nouvelle voie de la vérité judiciaire, l’individu condamné passe d’une identité de coupable, à celle de victime. Un nouveau procès est ouvert. Les éléments qui dans un premier temps avaient servi à constituer le coupable sont éclairés sous un jour nouveau, la réalité change de couleur. Le crime initial est revisité et ceux qui avaient dans un premier temps été déclarés coupables sont, sous ce nouvel éclairage, officiellement reconnus comme victimes. C'est la réhabilitation. La condamnation est gommée : le casier judiciaire redevient vierge. L’erreur judiciaire est avérée. A travers ces différentes phases, ce travail met à jour les enjeux de lutte, d’alliance et de mésalliance entre les mondes et les institutions engagées, pour l’imposition d’une vérité judiciaire. L’étude de l’erreur judiciaire s’avère un vecteur d’analyse puissant pour appréhender la société dans ses modalités de production de normes et de déviances, pour mieux lire le fonctionnement de différents champs (judiciaire, médiatique, associatif…) et, in fine, pour appréhender la construction sociale de la vérité.


 

  •  Sébastien HAISSAT 

"Analyse des carrières professionnelles ou bénévoles des intervenants en gymnastiques de forme : comparaison entre les animatrices de la Fédération Française d'Entraînement Physique dans le Monde Moderne Sports pour Tous et les Brevets d'Etat des Métiers de la Forme"

 

Thèse soutenue le 5 novembre 2008 sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot et Gilles Vieille-Marchiset

 

Résumé: Ce travail de recherche est une comparaison entre les carrières des animatrices de la Fédération Française d Entraînement Physique dans le Monde Moderne Sports pour Tous (F.F.E.P.M.M) et des Brevets d Etat des Métiers de la Forme (B.E.M.F), dont l activité est la remise en forme d un public par l'enseignement ou l'animation des gymnastiques de forme. L'enquête s appuie sur une méthode biographique basée sur 23 récits de vie (12 animatrices et 11 B.E.M.F) et selon une approche sociologique de la construction identitaire. Elle s articule autour de l'étude de trois processus successifs : l'engagement en formation, l'acquisition d une place d'intervenant et les mobilités internes. Les résultats révèlent d abord que l'engagement en formation peut-être entendu comme une négociation identitaire qui s élabore depuis des moments critiques analysés à travers les revendications des acteurs et leurs récits d interactions. Ainsi, devenir animatrice ou B.E.M.F correspond à une ressource identitaire mobilisée depuis des places et des situations différentes. L'analyse de ce processus met en exergue une typologie de stratégies identitaires intéressante. Ensuite, l'acquisition d'une place d'intervenant en gymnastiques de forme est appréhendée comme un processus de conversion. L'initiation, qui s inscrit à l'intérieur de deux mondes sociaux distincts, constitue une étape d appropriation d'un modèle d'intervention spécifique. Les discours dévoilent que c'est à partir de ce modèle que les acteurs s'orientent et sont recrutés dans les structures de pratique, permettant ainsi d'apporter une explication sur la répartition des acteurs dans le secteur associatif F.F.E.P.M.M et marchand de la forme. Enfin, les mobilités internes observées en direction d'une place d'instructrice, de responsable des professeurs et de B.E.M.F indépendant ont également été analysées sous l'angle d'un processus d'engagement. Ce dernier montre que les mobilités sont l'oeuvre de négociations identitaires face à de nouveaux moments critiques qui apparaissent dans la sphère privée, les situations d'interventions ou dans la profession occupée parallèlement à l'activité d'intervenant en gymnastiques de forme

 

 

  •  Christophe HANUS

"La concurrence entre les lignées familiales dans la transmission du rapport au territoire : l'exemple du val de Mouthe"

 

Sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: Cette étude, située dans le val de Mouthe (Doubs, France), une région qui s'étire le long de la frontière franco-suisse et de la chaîne du Jura, décrit le processus qui conduit certains agents à migrer et d'autres à rester dans la commune ou à proximité du lieu où une partie voire la totalité de leurs quatre aïeux, ont vécu. Le mode d'entrée est ici le territoire, les personnes interrogées ayant toutes eu, à un moment ou un autre, un rapport avec celui-ci. Mouthe, petite Sibérie française, est célèbre pour ses conditions climatiques particulièrement rudes et son record officiel de froid en France, et constitue un terrain de recherche intéressant parce que son histoire est jalonnée de nombreux conflits qui sont dus, non pas à une opposition entre nouveaux venus et anciennement installés, mais au type de développement culturel et économique que les uns et les autres souhaitent imposer localement, orchestré par une concurrence historique entre l'Église et l'État. En réalisant des arbres généalogiques sur trois générations qui prennent en compte aussi bien la lignée maternelle que la lignée paternelle des parents d Ego nous constatons qu'au-delà des facteurs macrosociologiques et des discours des interviewés insistant sur leur liberté de mouvement et d'action, la concurrence entre les lignées dont ils sont les héritiers est prééminente dans le déroulement de leur parcours résidentiel et oriente durablement leur choix

 

2007

 

  •  Sébastien CRETIN

"La transmission des savoirs du skateboard à l'épreuve des NTIC"

 

Sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: Notre étude sur la transmission des savoirs du skateboard révèle la place des échanges de proximité entre les skateurs au regard des messages hérités des médias. L'interaction locale entre ceux qui savent et ceux qui désirent apprendre, et notamment entre les experts et les débutants, sur des espaces dédiés ou réappropriés, doit cohabiter avec ces savoirs planétaires que les médias diffusent. Ce cosmopolitisme banal vécu à différents niveaux et intensité selon les skateurs, exprime le caractère surmoderne de ces pratiques, et invite à dépasser le nationalisme méthodologique , par l'étude approfondie des NTIC et de leurs usages. Ainsi, notre méthodologie basée sur des techniques polymorphes (entretiens semi directifs, entretiens de skateurs commentant des vidéos, études ethnographiques, analyses de vidéos, sites Internet, magazines spécialisés) met en exergue chez les skateurs de Besançon et de Thise une dualité d'apprentissage. Ceux-ci profitent d'une part, des interactions au niveau local en s'organisant socialement en binôme, en groupe ; et d'autre part, utilisent les différents didacticiels présents sur les magazines, vidéos et sites Internet de skateboard, ou détournent de leur usage premier ces supports pour acquérir des techniques, valeurs et références culturelles. Ces pratiques rendues possibles par l'usage des nouvelles technologies nous mettent face à un paradoxe : afin d'obtenir les techniques et valeurs afférentes au skateboard, et notamment l'esprit rebelle, qui est encore à ce jour le principe supérieur commun de cette activité, les skateurs entrent dans un conformisme relatif en adoptant une démarche consumériste par l'utilisation des NTIC.