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LASA

Thèses soutenues au laboratoire

2017

  • Maylis SPOSITO

" Devenir entrepreneur-e. Socio-anthropologie de la transmission d'une place d'indépendant-e."

Thèse soutenue publiquement le 10 novembre 2017 sous la direction de Dominique JACQUES-JOUVENOT.

Jury : Tiphaine BARTHELEMY DE SAIZIEU, Charles GADEA, Fenneke REYSOO, Florent SCHEPENS.

  • Aline CHASSAGNE

" Privation de liberté et soins palliatifs : situation des personnes malades, en fin de vie, détenues dans les établissements pénitentiaires en France."

Thèse soutenue publiquement le 16 octobre 2017 sous la direction de Christian GUINCHARD.

Jury : Jean-François LAE, Bruno MILLY, Régis AUBRY, Manuela Ivone P. DA CUNHA, Florent SCHEPENS.

2013

  • Anne Tatu-Colaseau

"Les assignations de genre à l’épreuve des transmissions en situation de migration : place et rôle du loisir sportif dans les processus d’individualisation / émancipation des descendantes de l’immigration maghrébine en quartier populaire"

Thèse soutenue publiquement le 10 décembre 2013 sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot et Gilles Vieille-Marchiset. Jury : Stéphane Beaud, Catherine Delcroix, Marie-Carmen Garcia


  • Aurélien CINTRACT

" Approche sociologique et anthropologique de la mortalité différentielle en France "

Thèse soutenue publiquement le 24 janvier 2013 sous la direction de Jean-Michel Bessette. Jury : Bruno Péquignot,
Christine Detrez, Dominique Jacques-Jouvenot.

Résumé: L’essentiel du travail consiste à problématiser la mort en mobilisant divers cantons du savoir sociologique et anthropologique, mais aussi démographique et historique. La mort, phénomène biologique ou, pourrait-on dire, fait de nature, est aussi un fait de culture devant lequel les hommes ne sont pas égaux. Nous verrons dans quelles mesures la probabilité de vivre plus ou moins longtemps varie selon les individus et les groupes sociaux et comment ces écarts de longévité observables statistiquement sont le produit des influences conjuguées exercée par diverses variables telles le sexe, la profession, le niveau d’instruction, l’état civil, l’habitat, etc.

 

Dans un premier temps, nous avons considéré l’évolution des espérances de vie sur la longue durée. Au regard de l’histoire, et plus particulièrement pour les pays « développés », la durée de vie s’est considérablement allongée : d’environ 25 ans pour les âges préhistoriques jusqu’ à 80 ans environ aujourd’hui  (deux sexes confondus) pour un pays comme la France. Les causes de mortalité ont aussi évolué avec le temps. Pour nos sociétés, nous sommes passés, grosso modo, de l’âge des épidémies, des grandes famines et des guerres pour une large période couvrant le moyen âge, à l’âge des maladies cardio-vasculaires et des tumeurs, pathologies néfastes des temps modernes. Toutefois, nous insisterons bien sur l’idée qu’une histoire de l’espérance de vie et de ses progrès au fil des siècles ne se résume pas à une histoire de la médecine. Un des résultats de nos travaux  nous montre que la santé n’est pas que l’affaire de la thérapeutique (importance des facteurs socioculturels...).

 

Malgré ces avancées, la mort ne frappe pas tout le monde de la même façon.

 

Si notre recherche porte essentiellement sur la France d’aujourd’hui, nous ne négligerons  cependant pas l’étude de certains aspects de mortalité différentielle dans le passé, en insistant sur les écarts selon le milieu social. Toutefois, la majeure partie du travail est consacrée à l’inégalité devant la mort en France. Nous tenterons alors d’interpréter sociologiquement et anthropologiquement les différentiels de longévité entre individus en considérant des variables telles que le sexe, la catégorie sociale, l’état matrimonial, l’habitat, etc. Nous verrons alors dans quelles mesures le travail (et les conditions dans lesquelles il s’exerce), la précarité, l’inactivité, le chômage, le niveau de formation (obésité/niveau d’instruction, par ex.), les modes de vie, l’habitat, l’environnement, ou encore la situation familiale (vie sociale) exercent des effets propres sur la longévité. Les catégories sociales défavorisées, fragilisées par leurs conditions d’existence et pouvant difficilement se soustraire à nombre de facteurs de risques, sont donc davantage soumises à tout un ensemble de causes qui peuvent, à plus ou moins brève échéance, conduire à la pathologie. On peut donc parler, dans cette perspective, d’une inégalité sociale face à la morbidité, c'est-à-dire d’une inégalité face à l’ensemble des facteurs débouchant potentiellement sur la maladie. Le travail est plus nocif, plus risqué pour les salariés exécutants ; le chômage et l’inactivité, à l’origine de divers maux, reste une affaire de travailleurs pauvres et sous-qualifiés ; l’obésité - et toutes les complications qui en découlent – est une maladie sociale par excellence, symptomatique des classes populaires (v. aussi tabac…) ; l’insalubrité, l’inconfort et l’étroitesse des logements ont également des répercussions sur l’état de santé des plus démunis, sans compter les risques liés au manque d’intégration/régulation, à la perte de ressources sociales, de capital social mais aussi symbolique qui concerne aussi, pour bonne part, ces catégories de population. On remarquera  également que les individus appartenant aux classes défavorisées, donc ceux qui auraient le plus besoin de recourir aux soins, sont aussi ceux dont la propension à se soigner est la plus faible, pour des raisons à la fois économiques, géographiques et socioculturelles.

 

Enfin, nous verrons en quoi la mort inégale est le résultat des inégalités devant la vie et nous montrerons qu’à travers l’étude des chiffres de la mortalité c’est aussi l’étude du vivant qui apparaît sous un jour nouveau. En définitive, les statistiques de la mortalité différentielle, constituent un outil efficace (« puissant » indicateur) d’objectivation des inégalités et des écarts entre classes sociales. Dans une perspective anthropologique, nous essayerons de voir dans quelles mesures la surmortalité des classes dominées peut aussi être lue comme un produit de la domination.

 

 

 

2012


"Le miracle et l'enquête. Analyse sociologique de l'expertise médicale des guérisons déclarées « miraculeuses » à Lourdes"

 

Thèse soutenue publiquement le 4 octobre 2012 sous la direction de Jean-Michel Bessette; Jury: Michel Hastings, Jean-François Laé, Bruno Péquignot, Louis Quéré.

 

Résumé: Afin de ne pas prêter le flanc aux railleries et aux critiques, l'Église fait preuve d'une grande prudence à l'égard des déclarations de « guérison miraculeuse ». C'est dans cette perspective qu'elle s'attache à départager l'"authentique" et l'"inauthentique" parmi les manifestations de la vie religieuse et qu'elle considère que « les faux miracles doivent être discernés des vrais ». Ces distinctions ne vont pas de soi. Elles nécessitent des procédures d'enquêtes dont le fonctionnement reste largement inexploré par les sciences humaines. Si, depuis le XIe siècle, le magistère catholique exerce un droit de regard, allant s'élargissant, sur les miracles déclarés par les fidèles, c'est sans doute à la suite des événements de Lourdes (« apparitions » et « guérisons » à partir de 1858) que cette volonté de contrôle s'exprime sous une forme nouvelle. À une époque qui exalte les vertus de la rationalité scientifique, au moment précis où la médecine parisienne atteint le sommet de sa notoriété pour ses travaux sur l'hystérie, redoutant les controverses provoquées par « l'épidémie de guérison » qui suit les visions de Bernadette Soubirous, de nombreux membres de la hiérarchie catholique française souhaitent donner des formes plus respectables à ce que l'on peut considérer comme une « explosion de dévotion populaire » non orthodoxe et difficilement contrôlable. C'est dans le cadre de cette stratégie d'encadrement des événements que s'inscrit, en 1883, au sein même du sanctuaire de Lourdes, la création d'une instance médicale chargée de contrôler les revendications de guérisons miraculeuses. Considéré comme une véritable « police des miracles », le rôle du Bureau Médical consiste à « démasquer les supercheries grossières et à modérer les excès compromettants d'un zèle trop exalté ». En s'attachant à analyser cette procédure de contrôle, spécifique au sanctuaire de Lourdes, cette thèse voudrait permettre de mieux comprendre la manière dont sont produits les miracles à Lourdes. En effet, si les précautions prises par l'Église rappellent que le miracle doit être "reconnu" et "proclamé", il convient de rajouter qu'il n'est pas non plus déjà présent dans le monde, telle une substance attendant d'être discernée dans l'inextricable mélanges des choses. Notre travail souhaite montrer qu'il est, au contraire, produit collectivement par un ensemble d'acteurs (témoins, médecins, ecclésiastiques…) engagés dans une activité concertée d'enquête complexe au résultat incertain. Afin de décrire ce travail nécessaire à la proclamation d'un "miracle" à Lourdes, l'analyse des « dossiers de miraculés » officiellement reconnus s'avère heuristiquement féconde. Matérialisant toutes les étapes d'une procédure de reconnaissance, rassemblant toutes les pièces nécessaires afin d'instruire le jugement des médecins et des prêtres (courriers, témoignages, expertises médicales, rapports ecclésiastiques…), les dossiers des miraculés permettent, en quelque sorte, d'accéder à la porte dérobée du miracle en train de se faire. Ils donnent à voir l'ensemble des éléments que les différents acteurs mettent en avant pour justifier leurs décisions, ainsi que la manière dont un consensus s'opère ou non à leur propos. Ils rendent manifeste ce processus, généralement occulté, par lequel les déclarations et les actions des acteurs, d'abord fragiles et inconsistantes, deviennent des objets robustes aux arrêtes bien dessinées.

 

     
      
  • Hélène CLEAU

"Savoirs et soin. L'interaction patient-médecin dans le cadre du traitement du cancer de la prostate".

 

Thèse soutenue le 17 février 2012, sous la direction de Dominique Jacques-Jouvenot

 

Résumé: Les traitements du cancer de la prostate permettent d’analyser les savoirs tels qu’ils sont élaborés actuellement en cancérologie. Les propositions de traitement découlent des savoirs scientifiques. La participation du patient au choix du soin s’en trouve questionnée. Le patient est une figure socialement construite et médicalement produite qui n’a de sens qu’au regard du rôle professionnel du médecin. La relation entre ces deux acteurs s’inscrit dans une structure de soin. Cette situation sociale est instituée autour de la nécessité du soin, entendue comme réponse à la souffrance de l’autre. Notre analyse montre les tensions qui traversent le groupe professionnel des médecins sur la question des recommandations thérapeutiques. Les questions de légitimité et d’expertise permettent de mettre à jour la concurrence entre les urologues et les oncologues-radiothérapeutes. Cette concurrence se joue à travers les traitements proposés. Les savoirs mobilisés pour justifier de la légitimité ne sont pas les mêmes et ne sont pas uniquement scientifiques. Ils s’organisent selon une priorité accordée à la sur-vie. En outre, ces savoirs médicaux retentissent de façon différente chez les patients, eux aussi détenteurs d’un savoir sur le soin. En somme, les savoirs sur le soin apparaissent comme une recherche de sens, une mise en cohérence de la pathologie, inhérente à des mondes sociaux différents, mais qui se nourrissent les uns des autres.